TUNISIE, EGYPTE, MAROC… Dictateurs, un vent de liberté sans précédent souffle sur les destinations touristiques préférées des français

crise des vacancesLe monde semble découvrir soudainement les royaumes des dictateurs et la profondeur du désarroi des populations originaires de ces pays.

Le tourisme est la première industrie mondiale et représente pour ces pays une véritable manne économique, mais au profit de qui ? Dans les faits, cette manne a, sans aucun doute, plus contribué à l’enrichissement des proches du pouvoir, qui contrôlent cette économie, qu’au développement local au service des populations. Notre perpétuelle recherche de vacances ‘’à bas prix’’ n’est pas sans générer d’autres très nombreux effets pervers :

  • Le développement spectaculaire du tourisme dans ces régions du monde pose le problème de l’exploitation indécente du personnel (salaire misérable, parfois 1,60 € par jour ; conditions de travail intolérables à nos yeux ; conditions d’hébergement indécentes, de 9 à 12 personnes par chambre du personnel ; précarité et absence de contrat de travail ; absence de couverture sociale…).
  • Sans oublier que cela représente une concurrence totalement déloyale vis-à-vis des destinations bien plus respectueuses des femmes, des hommes et des valeurs sociales.
  • En dehors de ces considérations sociales liées à l’emploi, il ne faut pas négliger l’impact écologique. Imaginez chez nous un tel tourisme de masse dans des établissements implantés dans des zones considérées comme sensibles totalement dépourvues de système de traitement des eaux usées, voire des égouts directement rejetés en mer, des centaines de 4×4 traversant quotidiennement nos espaces naturels fragiles, des avions venant du monde entier qui se posent parfois très près des centres ville toutes les 2 minutes de jour comme de nuit…
  • Sans oublier que tout un pan de cette économie échappe totalement à toute fiscalité locale, privant ainsi les populations locales de tout progrès social.

Nous sommes bien loin des rêves idylliques de vacances. Continuer à pratiquer un tel tourisme n’est-il pas un manque de respect pour ces populations qui est en attente d’un horizon porteur d’avenir ?

Souvent, nous avons ‘’profité’’ de ces destinations plus pour des raisons purement économiques que pour satisfaire une soif de découvrir une population, sa culture, ses coutumes… Savez-vous que nombreux sont les touristes qui ne quittent pas leur hôtel club ! Il ne faut donc pas s’étonner de leur ignorance de la situation locale.

Bien des exemples démontrent que notre comportement touristique, dans ces pays, a bien des effets néfastes : Il faut que nos bonbons arrêtent de créer des ravages dans la bouche d’enfants dont les parents n’ont pas les moyens de consulter un dentiste, il faut arrêter de jeter ces mêmes bonbons tels qu’on le ferait avec des singes dans un zoo et encore moins les distribuer en transformant ces enfant en mendiants. Les exemples pullulent : prise de photos d’autochtones sans leurs accords, des tenues vestimentaires qui choquent des individus si différents de nous culturellement, méconnaissance totale de règles locales de politesse et de respect, développement d’un tourisme sexuel dévastateur dans ces mêmes pays, pédophilie aux abords des complexes touristiques et dans les discothèques des hôtels, constructions d’infrastructures touristiques dans certaines zones considérées comme sensibles, décharges sauvages liées à la surconsommation des touristes, consommation démesurée d’eau dans les hôtels implantés dans des zones désertiques au détriment des paysans et des populations locales, désastre écologique ayant anéanti l’activité des pêcheurs locaux…

Notre prise de conscience autour des événements actuels doit nous faire réfléchir, pas uniquement sur les dictateurs et leur manque de moralité, d’humanité… Elle doit nous faire réfléchir sur nos comportements ‘’ludiques’’ touristiques, sur le désastre social, économique et écologique. Le vent de liberté sans précédent qui souffle sur nos destinations préférées doit nous faire réfléchir sur la place de l’éthique et du sens que nous donnons à nos vacances… Qui pourra encore dire « je ne savais pas » ?

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